Samedi 23 mai 2009
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11:00
Par Chriss
Comme chaque année, mes amis généalogistes du groupe "avec nos sabots" se réunissent pour la journée en Lorraine.
Enfin, aujourd'hui la rencontre a lieu au Lac Noir dans le 68 !
Pour les curieux, voilà tout le programme !
Encore une fois je ne peux les rejoindre mais je le fais virtuellement.
En cherchant une photo de ce fameux Lac Noir, je viens de trouver un joli conte sur le site là.
Je vous le recopie ici.
Belle journée à tous.
J'attends vos photos...
conte alsacien :
Il y a longtemps ... très longtemps de cela, c'était du temps où, dans la montagne, on forçait l'ours à l'épieu,
et dans la plaine, les seigneurs combattaient en armure. Le vieux comte qui régnait sur Orbey aimait la guerre. La plus belle fille du val, Meielé, ce qui veux dire la petite Marie du mois de
mai, ou si l'on préfére, le petit muguet du mois de mai, vivait avec son père, un pauvre paysan, dans une chaumière. A l'aube, elle chantait avec l'alouette ; au crépuscule, avec le rossignol. Un
soir d'été, alors qu'elle ramassait de la luzerne, Meielé aperçut derrière une haie, un adolescent qui la regardait en souriant. Elle reconnut Hans, le fils du comte, revenu au château après un
long voyage auprès de Messire Jacques à Compostelle. C'était l'heure du rossignol. Meielé chanta. « Comment t'appelles-tu, jeune fille ? » demanda Hans. Rouge de confusion, elle souleva
la toile qui contenait la luzerne et courut chez son père. Le lendemain, alors qu'elle montait au lac noir, elle entendit derrière elle le pas d'un cheval. Elle n'eut pas le temps de
s'enfuir. « Je t'ai retrouvé et je connais ton nom », lui dit Hans. « Pourquoi trembles-tu ? » Il se pencha vers elle et la hissa sur la croupe. La lande sentait la bruyère et
le miel. Meielé posa la tête contre la nuque de Hans. Elle ne tremblait plus. Ils arrivèrent au lac noir. Hans sauta à terre et prit Meielé dans ses bras. « Dans le monde entier »
dit-il, « je t'ai cherché ». « Je vous attendais, Monseigneur. » « Je n'aimerai que toi », dit Hans « Devant Dieu, je le jure, tu seras ma femme »
Chaque jour, ils se retrouvaient près du lac. Un après-midi, Meielé s'endormit et rêva qu'elle devenait reine. Elle se réveilla triste. Elle
détacha ses bras de Hans et se laissa glisser dans l'eau noire. Elle nagea vers les nénuphars de la cascade pour s'en faire une couronne. Hans, les yeux remplis de larme, lui annonça que son père
l'envoyait au loin combattre les païens. « Si vous partez, Monseigneur » murmura Meielé, « il ne me reste qu'à mourir. » Elle improvisa alors une complainte que les mamans du
val d'Orbey chantent toujours pour bercer leur enfants :
Sur le lac aux eaux sombres
Roses blanches ont fleuri
Sur le lac aux eaux sombres
Tes yeux m'ont souri
Le ciel est devenu noir ...
Roses sont flétries.
Ne chanterait plus le soir
Amours évanouies.
Entendant le galop des chevaux de ses hommes d'armes, Hans dirigea son destrier vers la plaine et tous disparurent dans un nuage de poussière à
la rencontre de leur destin.
Un bucheron qui avait sa cabane du côté de Federmus, avait aperçu les amoureux enlacés au bord du lac. Il n'a pas pu retenir sa langue. Bientôt
les mauvaises langues colportèrent le fait jusqu'aux oreilles du père de Meielé. Il était pauvre mais il avait beaucoup d'honneur. Il chassa sa fille. Elle prit le chemin du lac noir. On ne la
revit jamais ... Quelques années plus tard, au printemps, un cortège de fête traversait Orbey. Hans caracolait à coté d'une litière dans lequel on pouvait apercevoir une jeune femme heureuse. A
l'auberge, les visiteurs du château racontaient que c'était la fiancée de Hans, qu'elle était riche, qu'elle était belle, qu'elle était noble. Quelque jours passèrent. De partout on vit arriver
des seigneurs, des troubadours, des marchands de dentelles, des moines même ! Les fêtes durèrent plusieurs jours. Pourtant Hans était triste. Il ne semblait pas heureux. On le voyait se diriger
vers le Lac Noir en faisant caracoler son cheval. Sa fiancée se plaignait. « Pourquoi toujours m'emmenez-vous toujours vers le lac noir ? Allons aussi à la fête des Faux. Comme vous me
paraissez triste ! » « Mais Madame, je vous aime, » protestait Hans. La veille des noces, agacée peut-être par l'orage qui menaçait, peut-être par la tristesse du jeune comte, la
demoiselle éperonna son cheval et partit au galop, droit devant elle. Hans la rattrapa au bord du lac. Il la supplia : « Ne restons pas ici ... » Elle avait aperçu les nénuphars sous la
cascade : « Voyez Monseigneur, ces roses blanches sur l'eau noire ... je voudrais en faire ma couronne de mariée. Si vous m'aimez vous irez les cueillir. »
Un éclair déchira le ciel assombri. Hans poussa son cheval dans le lac. Il se retourna vers sa fiancée : « Entendez-vous ce chant ? »
Une voix sourde s'élevait du fond des eaux.
Sur le lac au eaux sombre
Roses blanches ont fleuri ...
« Quel chant ? Je n'entends rien, Monseigneur, sinon les grondements du tonnerre. Rentrons, je vous en conjure. » Un nouvel éclair
enveloppa le lac et ses sapins dans une lumière étrange. Hans pressa le cheval qui se cabrait : « Avance ! Avance plus vite encore ! » Au fond des eaux il avait aperçu Meielé. Elle
souriait en ouvrant ses bras. Ses longs cheveux blonds flottaient autour de son corps nu. « Je viens ! Me voici ! » En vain la fiancée le rappelait ... En souriant, il était allé
rejoindre Meielé, la seule aimée.
Le ciel est devenu noir,
Roses sont flétries ...
Par les nuits de grande lune, alors que les sapins paraissent d'argent, les cheveux blonds de Meielé flottent sur les eaux noires du lac, entre
les blancs nénuphars ....
Vous m'avez dit