:
Plein de photos de mon île de la Réunion, Des petits textes tout doux, Mes amours, Paris, l'océan Indien, l'Inde, le Vietnam...
Mes passions, mes zistoires, mes zamis, mes coups de coeur et plein d'autres choses encore....Vous qui passez me lire, faites un clic sur "Ecris moi un p'tit mot" ! Je suis Chriss, mes enfants : Plouf étudiant, prof à Paris, Mwa, prof ici, leur père Bill a disparu en 2006. Un billet par jour depuis 3 ans. Bonne lecture !
En Inde, le kolam est un motif d'inspiration
géométrique tracé en poudre de riz au sol devant l'entrée de la maison en guise de bienvenue et pour porter chance et prospérité à la famille.
En voyage à
travers l'Inde, j'avais lu
"Compartiment pour dames" d'Anita NAIR, excellent roman qui fait découvrir de multiples facettes de ce magnifique pays, à travers la vie de femmes, réunies par hasard dans un compartiment de
train pour un long voyage.
J'y ai trouvé ce récit sur le kolam :
"Un kolam tracé à la va-vite reflète une maîtresse de maison négligente, indifférente et malhabile. Quant à un kolam dessiné de manière recherchée, il
indique un certain égocentrisme, de la vanité et une incapacité à faire passer les besoins des autres avant les siens. Les kolams sophistiqués et compliqués doivent être réservés aux occasions
particulières. Ton kolam de tous les jours doit montrer que, si tu es économe, tu n'es pas avare. Il doit témoigner de ton amour de la beauté et du soin que tu apportes aux détails. D'une retenue.
D'une certaine élégance et, surtout, d'une bonne compréhension de ta place dans la vie. Ton kolam doit refléter ce que tu es : une bonne maîtresse de maison", dit Amma, dès que sa fille eut
rangé pour de bon ses livres d'école.
Amma avait un cahier plein de motifs de kolams découpés dans les pages des magazines tamouls qu'elle lisait. On y trouvait des kolams adaptés à toutes les occasions possibles et imaginables dans un
foyer brahmane. Puis, il y avait un choix de kolams ordinaires. De parfaits kolams de maîtresse de maison parée de toutes les vertus ménagères qui justifient que les belles-mères appellent leur
belle-fille "la lumière qui guide la famille".
Ce qui, pour la plupart des familles, n'était qu'un simple rituel devenait pour Amma un art.
Et le kolam ordinaire que dessinait Ahkila se transformait en une expérience scientifique qu'elle évaluait tous les matins. D'abord, Akhila devait balayer, puis arroser pour éviter que la poussière
ne vole. Habitant dans une ville, elle échappait à l'eau mélangée à la bouse de vache. Puis elle prenait le bol de craie brute qu'Amma rapportait par sac entier tous les mois et entreprenait de
tracer un kolam. Huits points à la suite. Quatre en haut et quatre en dessous... Une fois les points dessinés, il fallait les entourer de lignes entrecroisées.
Quand elle avait terminé, Amma venait y jeter un coup d'oeil. "Pas mal, mais la prochaine fois arrange-toi pour que les points soient à égale distance et que les lignes ne s'interrompent pas entre
deux points. L'astuce, c'est de laisser s'écouler entre tes doigts un filet régulier de poudre de craie..."
(photos de Bill et de Chriss : Le premier kolam est de
Maduraï, la petite fille de Hampi et les trois derniers de Mahabalipuram)
Vous m'avez dit